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GÉOMATIQUE, GÉOGRAPHIE ET IA FONT BON MÉNAGE

04/05/2018

 

Stéphane Roche est ingénieur, géographe, professeur titulaire de sciences géomatiques et vice-doyen à la recherche de la Faculté de foresterie, géographie et géomatique à l’Université Laval.

 

Pourriez-vous décrire votre passion pour la géomatique?

Très tôt, j’ai aimé les cartes, les globes terrestres, les instruments de navigation (sextants, lunettes astronomiques…). C’est cette attirance, je crois, qui m’a assez naturellement menée ver la géomatique. La géomatique, c’est la science de la mesure et de l’analyse de donnée géospatiale, mais aussi de leur visualisation. C’est au fond la science du référentiel spatio-temporel. L’humain est un animal résolument spatial et la compréhension des dynamiques et des modes d’organisation spatiale des sociétés humaines soulève des enjeux qui me passionnent, et que la géomatique nous aide assurément à approcher en articulant les préoccupations d’ordre géographique et l’innovation technologique. 

 

Quelle est votre plus grande fierté professionnelle?

Nous les professeurs d’université faisons un travail souvent si désincarné qu’il est bien difficile d’en mesurer les réalisations concrètes. En même temps, nous avons le privilège d’accompagner des étudiants dans les dernières étapes avant leur vie professionnelle. Aussi, ma plus grande fierté c’est ma contribution, plus ou moins significative selon les cas, à la réussite des étudiants de maitrise et de doctorat que j’ai eu le plaisir d’encadrer. L’un de mes derniers étudiants au doctorat avait par exemple pour but premier d’embrasser une carrière universitaire ; de le voir aujourd’hui, occuper un poste de maitre de conférences au sein de l’Université française est une grande fierté.

 

Quelle est votre vision du futur de l’intelligence artificielle?

Un nouveau monde multidimensionnel pourrait s’offrir à nous, grâce entre autre chose, à ce que l’on pourrait qualifier d’épaississement informationnel des espaces et des lieux géographiques. La possibilité d’accéder à plus que ce que la matérialité des objets et des lieux nous offre (Réalité augmentée), mais aussi de voir se reconfigurer (personnaliser) les lieux physiques (une partie de leurs composantes au moins) en fonction de la présence de telle ou telle personne (comme le font aujourd’hui les espaces du Web).  

 

Si j’essaie de demeurer optimiste, je vois dans l’IA, non seulement la possibilité de soustraire l’humanité des tâches les plus ingrates et les plus asservissantes ; mais aussi, de résoudre un ensemble d’enjeux et de problématique d’ordre environnemental, d’éducation, de santé et de sécurité des populations, caractéristiques des sociétés humaines anthropocènes. En effet, cette capacité accrue d’analyse et d’intelligence (au sens étymologique du terme) des problèmes complexes offerte par l’IA, pourrait signifier pour l’humanité, la possibilité de repenser ses modes d’organisation, pour plus de justice sociale et spatiale. J’imagine finalement l’IA comme un moyen de percer les secrets de notre propre intelligence. Pourtant, comme l’affirme Noam Chomsky, l’histoire de l’humanité démontre qu’il n’existe pas d’exemple d’organisation ou de communauté humaine qui n’ait cherché à saisir l’occasion d’une innovation pour tenter d’assoir son influence et son pouvoir. Les signes sont déjà là qui laissent à penser que l’IA pourrait aussi (surtout?) représenter un extraordinaire moyen de contrôle et d’asservissement de l’humain, à l’heure justement où le contrôle exercé par les grandes religions occidentales ne cesse de s’effriter. Éviter que l’IA ne contribue à artificialiser l’intelligence (émotionnelle) humaine est certainement l’un des défis majeurs de la prochaine décennie.

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